Vendanges en Nouvelle-Zélande : retour d’expérience

Vendanges en Nouvelle-Zélande : retour d’expérience

Immersion de quatre semaines au cœur du Marlborough, durant lesquelles un viticulteur originaire du sud de la France et un anglais fin gourmet nous relatent leur expérience…

C’est pour ses contrées pittoresques, ses terres si belles et si pures que les globes trotteurs choisissent la Nouvelle-Zélande. Hors norme soient ces deux îles, un point les rapproche de notre chère France, attirant un bon nombre de curieux : le vin. Le Marlborough, situé dans l’île du sud, est la plus grande région viticole du pays. Elle compte près de 23 000 hectares de vigne, dont sont issus les deux tiers de la production nationale. Zoom sur l’une des villes maîtresse de la région : Blenheim, le berceau de tous les expatriés venus découvrir une autre façon de vinifier. Parmi eux, Paul, cinq vendanges à son actif, et son ami Charlie, manager d’un restaurant et passionné de gastronomie, qui pour sa part n’a jamais mis les pieds dans une cave. Si ce n’est pour y déguster du bon vin !

Découverte et échanges

Pour chaque vendange à venir, les offres d’emploi se multiplient et les postulants aussi : candidatures en ligne, appels, porte-à-porte, etc. Les caves ont donc l’embarras du choix et peuvent se montrer sélectives. « Nous avons eu plusieurs entretiens. Pour le premier, les questions étaient plus orientées sur nos traits de personnalité, notre manière de réfléchir et de s’organiser au quotidien, que sur le côté technique des vendanges. Le second était axé sur le travail en cave. ». Candidatures validées, la saison peut commencer !

Bien que l’un deux soit un habitué des caves, un même sentiment leur vient à l’esprit lorsque Paul et Charlie découvrent leur nouvel environnement de travail. « C’était impressionnant par la grandeur des lieux. La grandeur était à tous les niveaux en fait, car nous étions soixante-dix saisonniers à descendre en même temps du bus. Il y avait trente nationalités différentes ! Il y avait de l’excitation, comme une rentrée scolaire. ». Un accueil chaleureux et « sincère », permettant aux nouveaux comme aux expérimentés de se sentir à l’aise. « Les responsables étaient contents de nous recevoir. Une chose certainement propre à la Nouvelle-Zélande, car cet enthousiasme n’est pas commun en France. ». Tous les saisonniers se retrouvent donc dans le même bateau, avec pour premier objectif la découverte d’autrui. « Nous avons eu une semaine de formation très générale, sans trop de pratique. C’était surtout pour apprendre à se connaître, pour mieux travailler ensemble ensuite. » expliquent-ils.

 Le travail en cave

À la suite de quoi, les postes sont attribués « j’étais dans l’équipe des ‘runners’, je déplaçais donc le jus d’un pressoir à une cuve » explique Charlie. « Travailler avec quelqu’un qui sait de quoi il parle, qui connaît son travail est une très bonne chose pour les gens curieux ». Quant à Paul, « je faisais partie de la white team, je m’occupais du vin blanc, levurage, assemblage, etc. Nous sommes restés dans la même équipe pour toute la saison, mais le travail changeait selon les arrivages, les quantités de raisins, etc ». Chaque jour est différent, apportant sont lots de nouvelles connaissances, mais aussi de difficultés « la communication était parfois compliquée à gérer » avouent-ils. « Nous avions une carte du monde, où chacun devait indiquer d’où il venait. ». Un méli-mélo de flèches couvrant la surface du globe, des États-Unis, en passant par l’Australie, ou encore la Macédoine, et bien d’autres pays encore. « Ils ont eu l’idée d’organiser un immense repas pour lequel nous devions cuisiner un plat typique de chez nous ! ». Quoi de plus beau que de travailler dans une cave melting-pot ? « On se complétait tous. Certains maîtrisaient l’anglais, mais n’avaient pas les termes techniques. À l’inverse d’autres avaient les connaissances, mais l’anglais n’était pas leur fort ! » . Une gymnastique pour le cerveau et pour le corps, qui ne cesse douze heures durant. « Beaucoup de gens arrivent en cave avec des idées romantiques sur le vin. » explique Charlie. Mais une grande partie du travail ne l’est pas, « beaucoup de temps est consacrée au nettoyage. Ce n’est pas un problème, mais il faut le comprendre avant de s’engager ».

Cave-Vendange-Cordano-Charlotte

Au quotidien

« Les journées étaient longues et fatigantes. Le plus dur était de se lever le matin. Une fois arrivé au travail, on se disait qu’on était tous dans la même galère. Ça aide à tenir ! » . Mais le marathon ne s’arrête pas lorsqu’ils quittent la cave. Celui-ci s’arrête une fois dans le lit, près à sombrer dans les bras de Morphée. « Tout ce que tu fais, tu le fais vite. Vite manger, vite se laver, pour vite dormirÇa reste plus ou moins difficile pour certains, mais tout le monde peut le faire. ». Les vendanges seraient donc accessibles à tout le monde ? Expérimenté ou non, fille ou garçon, si vous avez le sens pratique la réponse est « oui ».

Il va sans dire que travailler douze heures par jour, six jours, ou six nuits pour certains, sur sept est une tâche difficile et intensive. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’hébergement a toute son importance « il faut se sentir à l’aise lorsqu’on rentre du travail. Propreté, confort, si possible un domicile proche de la cave. Car se sentir bien, ou non, change l’expérience. Ça va te sauver, ou te casser ! ». Une seconde chose est à retenir : « Avoir le sens de l’humour » insistent-ils, « c’est important de savoir rigoler, raisonnablement, au travail ». Tout comme se détendre pendant ces longues semaines et ils ne manquent pas de le souligner « il faut sortir de la maison quand on est en repos, visiter des choses. S’aérer l’esprit est important ! ».

Choisir sa cave

 Travailler dans une grande cave, comme l’ont fait Paul et Charlie, est un bon choix pour une première expérience. En règle générale, celle-ci apporte les avantages d’une grosse boîte, synonymes de confort de travail : des repas offerts, pas de remplacement de dernière minute, un transport mis à disposition. La vinification peut paraître industrielle de part les quantités produites et la grandeur de l’entreprise, contrairement à des caves plus modestes. Les petites caves ont elles aussi leurs atouts et leurs inconvénients. Elles permettent de travailler le raisin de plus près, depuis sa récolte jusqu’à sa mise en bouteilles. Mais les postes à pourvoir sont moindres. « J’ai eu l’occasion de travailler dans un petit domaine de 8 hectares avant la saison et dans cette immense cave, qui compte 3 400 hectares, pour les vendanges. Les deux expériences sont à prendre ! », conseille Paul.

Bien qu’il soit très répandu chez les backpackers, ce travail n’a pas été choisi au hasard pour ses deux acolytes. Une expérience enrichissante pour Paul qui a consolidé ses bases professionnelles et linguistiques, lui apportant confiance en soi, et qui lui a permis de faire de belles rencontres. Des personnes venues des quatre coins du monde pour une chose commune : l’amour du vin. « Le côté humain est ce que j’ai préféré durant cette saison. ». Charlie repart quant à lui avec de nouvelles connaissances sur la fabrication de ce nectar, allant de paire avec le milieu culinaire qu’il côtoie.

Charlotte Cordano
www.cordano-charlotte.com

 

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